Acte 1      La scène s’ouvre sur une salle d’audiences

 

 

Durham                      

Habitants du Bas-Canada, Je suis John George Lambton, comte de Durham. Le gouvernement de notre  gracieuse majesté Victoria par la grâce de Dieu reine de la Grande Bretagne m’a confié une importante mission. Je suis venu ici pour enquêter sur les récents troubles dans cette paisible colonie.

 

Comment vous, qui formez un peuple si calme, en êtes-vous venus àde telles extrémités?  Mesurez-vous bien la gravité de vos gestes? Prendre les armes contre un gouvernement légalement constitué représente un des crimes les plus graves qui soit.  Il s’agit pourtant d’un geste  que vous avez posé.  Je suis ici pour apprendre et pour comprendre. Ainsi, je n’ai rien négligé pour mener à bien cette importante mission. Mes secrétaires ont convoqué des témoins de ces tristes événements. Ils ont invité aussi des hommes politiques anglais et français afin que je puisse me faire une juste idée des problèmes qui rongent cette importante colonie.  Je réclame donc de ces témoins des communications franches et les moins réservées.  Ceux qui veulent sincèrement la réforme et le perfectionnement d’institutions vicieuses recevront de moi, sans distinction de partis ou de races, toute la considération qu’ils méritent.  Je vous prie de me considérer comme un arbitre et un ami toujours prêt à écouter vos plaintes, vos griefs et vos suggestions et à agir avec la plus stricte impartialité.  Ces audiences se dérouleront en français et seront publiques. Finalement pour me seconder dans ma tâche, j’ai  fait appel à un brillant juriste de chez vous, maître Dominique Mondelet. (tumulte dans la salle)

 

Une voix                    

Ah non pas lui!

 

Autre voix                  

Mondelet le vendu!

 

Une autre voix           

Collaborateur!

 

Une autre                    

Chouayen!

 

Une autre                    

Il a du sang patriote sur les mains!   (gestes d’impatience de Durham, il s’avance vers l’assistance menaçant  et pointe du doigt les intervenants )

 

Durham                      

Assez!  à l’ordre! fermez vos grandes gueules!  Je tiens à vous aviser tout de suite que tous les perturbateurs du repos public, les fauteurs de troubles et les violateurs de lois trouveront en moi un adversaire inflexible et déterminé à employer contre eux tous les pouvoirs civils et militaires dont je suis investi et soyez certains que je ne me gênerai pas pour les utiliser à fond. (Il toise l’assistance, menaçant et de mauvaise humeur, il lance: )  Que l’enquête commence! (Il se dirige d’un pas rapide vers son bureau, s’installe et dit:)  Maître Mondelet, vous pouvez procéder.