C’est d’la faute à Gilles Vigneault

 

Si au temps des Patriotes

_ tout était d’la faute à Papineau

_ commode de dire à notre époque

_ que c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Quand sous le couvert à Vancouver

_ on met le français au caveau,

_ en raisonnant tout de travers

_ on dit que c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si le français recule

_ dégringole et tombe de haut

_ si notre langue bascule

_ c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si les minorités ailleurs

_ tombent en lambeaux

_ et nous aussi d’ailleurs

_ c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si la Cour de Pise

_ du haut de ses grand ergots

_ sur la question nous divise

_ ça doit être d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si l’Office de la langue

_ avec ses sédatifs propos

_ finira par laisser notre verbe exsangue

_ c’est sûrement d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si la ministre flaire de l’oppression

_ à défendre nos parlures et propos

_ et qu’elle nous offre plutôt la compromission

_ c’est encore d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si tous les scribouilleurs enrégimentés

_ et certains Anglos cultivent l’imbroglio

_ pour culpabiliser notre volonté

_ c’est probablement d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Quand le français tombera en dormance

_ et  en métropole dans un tombeau

_ parce qu’on aura tremblé devant cette engeance

_ Ça aura encore été la faute à Gilles Vigneault.

 

Si Lucien figeait devant son miroir

_ quand, tout penaud,

_ il rapprochait la charte du mouroir

_ c’était donc la faute à Gilles Vigneault.

 

 

 

Si nos gouvernements badigeonneux

_ ont la hantise du caillot

_ s’ils défendent le langage un tant soit peu

_ c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si les Québécois s’endorment

_ et laissent tomber le flambeau

_ à cause d’la désinforme

_ c’est sans doute d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Quand nous refusons de donner des dents

_ à nos signes vitaux

_ en nous aplatissant d’accomodements

_ c’est la faute au grand Vigneault.

 

Si notre parler en état de siège

_ magasine pour un fiasco

_ et que lentement se referme le piège

_ Ça doit être la faute à Gilles Vigneault.

 

Si par démission collective

_ nous laissons sous le tonneau

_ notre langue devenir chétive

_ on pourra toujours accuser Vigneault.