Encore une fois, à chaque élection que la démocratie nous amène, on se questionne sur la pertinence du Bloc. Il faut déduire que beaucoup de gens trouvent ce parti bien impertinent. On peut comprendre facilement l'exaspération du reste du Canada et de ceux qui au Québec s'identifient d'abord au Canada. pour eux, le Bloc est une espèce d'empêcheur de de gouverner en rond. Du point de vue québécois, actuellement, le lien de confiance avec les libéraux est encore brisé et le lien de méfiance envers les conservateurs en train de se tisser. Que reste-t-il ?

Certains pensent que le Bloc fait tellement du bon travail à Ottawa qu'il devient un frein à la souveraineté parce qu'il incite les Québécois à s'endormir dans l'illusion qu'il ont une assurance contre tous les risques liés au fédéralisme canadien. Pour qui connaît bien l'âme québécoise et sa tendance à la procrastination, ce raisonnement est loin d'être dénué de justesse.

Par contre, se pourrait-il que cet épisode bloquiste, qui se prolonge beaucoup plus que prévu, soit comme une sorte d'incubateur de l'idée d'indépendance ? Se pourrait-il que ce soit un moment d'attentisme en même temps que de cheminement, une sorte de palier de décompression pour se donner le temps de réaliser que ce Canada nous ressemble de moins en moins et que, si tel est le cas, il doit donc nous rassembler de moins en moins ?

Une chose demeure cependant certaine. Ce «stand by» politique ne pourra pas durer infiniment et si l'on arrive à la conclusion, dans ce cheminement qui semble sans fin, que l'avenir du Québec n'est plus dans ce pays, il faudra bien vite prendre les dispositions nécessaires pour remédier à la situation. Si devant ce constat nous continuons de tergiverser, nous risquons de nous condamner au ridicule.