Comment un pays qui renferme tant de beautés et qui porte sur son sol tant de gens remarquables peut-il produire de tels événements ? Évidemment, tout pays comporte son triste lot de désaxés qui peuvent surgir, à tout moment, et semer la mort pour des motifs qui n'ont aucun rapport avec une la réalité. Malheureusement, l'histoire récente le prouve, c'est vraiment aussi pour le Québec.

La vérité, c'est que ce grand pays s'est édifié sur la violence.  Les pères fondateurs n'étaient pas des enfants d'école.  Ils s'élevaient contre des forces coloniales qui ne faisaient pas dans la dentelle.  Pour vaincre, ces forces révolutionnaires ont eu à faire encore moins dans la dentelle.  Elles ont eu recours à des moyens extrêmes.  Les loyalistes l'ont bien vite appris à leurs dépens.  Ces fondateurs, imbus de liberté absolue, se sont montrés prêts à tout pour asseoir et imposer leur vérité.  Les fondations de ce grand pays reposent sur le sang.  Le sang des loyalistes, celui des autochtones, celui des esclaves et quand ce fut devenu nécessaire, celui des sudistes. La violence, dans cette contrée a toujours été «payante».  Maintenant, tous ces adeptes du «Tea Party», ce mouvement d'extrême droite, s'inspirent de cette philosophie originelle et veulent faire revivre cette époque de liberté absolue, cette époque d'hégémonie totale.  Pour arriver à ce résultat, il faut commencer par un grand ménage interne.  Il faut revenir à la foi des pionniers.

Ce pays a continué à se bâtir sur le sang dans son expansion vers l'ouest et ceci au nom de la liberté et de la démocratie, of course. Les Autochtones et les Mexicains ont fait les frais de cette «Manifest Destiny», cette loi du plus fort.  Comment ne pas frémir devant des personnes qui se réclament d'une telle philosophie ? Chrétiens fondamentalistes, anti-évolutionnistes très pratiquants, ultra-conservateurs au niveau social, racistes, ces tristes personnages donnent carrément froid dans le dos.

Ce pays finira-t-il par comprendre ?  Il faut en douter.  Ce pays carbure à la violence depuis toujours. Bien sûr, tout cela donnera lieu à un bref examen de conscience. Des voix s'élèveront.  Suivront de modestes résolutions qui finiront par s'évanouir avec le temps, cet assassin  qui finit toujours par arranger les choses. Puis tout reviendra comme avant comme le fumeur qui recommence à fumer pour la centième fois. «Business as usual».

Quand, dans un pays, porter une arme est reconnu comme un droit fondamental, c'est que ce pays est profondément malade et qu'il a atteint un stade pratiquement incurable.  Une chose semble certaine. Ce courant ultra-conservateur, véritable chancre de tissu social, est en voie de devenir la pire menace à l'existence même de ce grand pays. Il faut que le bon sens se lève.  Ça presse.  L'avenir dira si ce pays saura sécréter les personnes qu'il faut pour sortir de toute cette déliquescence.