Blog à part

26 juin 2015

Fragilité

Fragilité

Tribune libre de Vigile
mardi 27 octobre 2009
657 visites 2 messages

Fragilité


J’ai nombre, lieu, langue et feu
mais ce soir j’ai mal à mon âme.
Mes séculaires racines gémissent
dans ce sol mouvant de mon îlot d’Amérique.
J’ai mal à mes origines,
partagé entre haine et peur,
je tremble dans mon appartenance.
Mes quatre siècles d’histoire
chavirent sous les coups de butoir
des fossoyeurs de nationalités.

Pourtant, j’ai nombre, lieu, langue et feu
Mais ce soir, j’ai froid
de ce terrible vent d’ouest
qui m’amène en bourrasques
la négation de mon essence.
J’en ressens tout le mépris.
Je sens qu’on m’agresse,
qu’on me grignote,
qu’on me déchiquette,
qu’on me digère.

Voyons ! j’ai nombre, lieu, langue et feu
mais je me sens comme chevreuil
s’abandonnant épuisé à la curée,
pour une meute de loups
hurlant et vociférant,
dans une langue carrée.
J’ai peur de céder à ces rongeurs d’identité,
à ces prédateurs de notre différence,
à ces termites de tissu social.

Oh je sais, j’ai nombre, lieu, langue et feu
mais hélas, je vacille dans les souvenances
de mes débris d’histoire.
Je gémis sur mes errances
de peuple conquis et répudié.
Ça sent la confiance trahie,
les affronts subis,
les assauts répétés
venus de l’extérieur,
venus de l’intérieur...

Même si j’ai nombre, lieu, langue et feu,
ce soir j’ai mal dans la chair de mon héritage
mal jusque dans ma descendance.
Issu d’un pays en état de siège,
d’un peuple sans permanence,
je frémis dans mon identité
devinant dans mon for intérieur
qu’une maison sans toit
me sert de fort extérieur.

Aucun doute, j’ai nombre, lieu, langue et feu
mais pour conserver ma langue
je dois me résigner à mendier.
Jusque dans mon lieu, on me dicte.
Mon expression m’échappe
en plein coeur de mon pays.
Je sens l’humiliation m’étreindre
et mon feu s’éteindre.
Il ne me reste qu’un mince espoir,
j’ai encore le nombre.
Peut-être bien qu’un bon soir...

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10 octobre 2014

Par ici la sortie

Par ici la sortie

pour peuple serti

de revers

tout démanché d'effets pervers

Par ici l'exit de secours

pour moisonneurs de défaites

lauréats de concours

pour patrie toute défaite

Par ici la sortie

pour ignorants d'Histoire

architectes de l'anorexie

de leurs minces espoirs

Par ici la sortie

pour les victimes consentantes

confinées aux orties

des identités chambranlantes

Par ici la sortie

pour les excités

de toutes ces facéties

qui nous sortent de l'Humanité

Par ici la sortie

pour les servants de messe

ânonnant toutes ces soties

farcies de fausses promesses

Par ici la sortie

pour ceux qui se magasinent une mort

gangrenés par les idioties

des brocanteurs de bobards

Par ici la sortie

pour les suffoqués de désinformation

abonnés aux imprimeries

qui nous prêchent la liquéfaction

Par ici la sortie

pour les sabotés de la mémoire

les balafrés sans sursis

inconscients de leur trajectoire.

 

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11 septembre 2012

Le demi-Lys... et le Lion

Acte 1      La scène s’ouvre sur une salle d’audiences

 

 

Durham                      

Habitants du Bas-Canada, Je suis John George Lambton, comte de Durham. Le gouvernement de notre  gracieuse majesté Victoria par la grâce de Dieu reine de la Grande Bretagne m’a confié une importante mission. Je suis venu ici pour enquêter sur les récents troubles dans cette paisible colonie.

 

Comment vous, qui formez un peuple si calme, en êtes-vous venus àde telles extrémités?  Mesurez-vous bien la gravité de vos gestes? Prendre les armes contre un gouvernement légalement constitué représente un des crimes les plus graves qui soit.  Il s’agit pourtant d’un geste  que vous avez posé.  Je suis ici pour apprendre et pour comprendre. Ainsi, je n’ai rien négligé pour mener à bien cette importante mission. Mes secrétaires ont convoqué des témoins de ces tristes événements. Ils ont invité aussi des hommes politiques anglais et français afin que je puisse me faire une juste idée des problèmes qui rongent cette importante colonie.  Je réclame donc de ces témoins des communications franches et les moins réservées.  Ceux qui veulent sincèrement la réforme et le perfectionnement d’institutions vicieuses recevront de moi, sans distinction de partis ou de races, toute la considération qu’ils méritent.  Je vous prie de me considérer comme un arbitre et un ami toujours prêt à écouter vos plaintes, vos griefs et vos suggestions et à agir avec la plus stricte impartialité.  Ces audiences se dérouleront en français et seront publiques. Finalement pour me seconder dans ma tâche, j’ai  fait appel à un brillant juriste de chez vous, maître Dominique Mondelet. (tumulte dans la salle)

 

Une voix                    

Ah non pas lui!

 

Autre voix                  

Mondelet le vendu!

 

Une autre voix           

Collaborateur!

 

Une autre                    

Chouayen!

 

Une autre                    

Il a du sang patriote sur les mains!   (gestes d’impatience de Durham, il s’avance vers l’assistance menaçant  et pointe du doigt les intervenants )

 

Durham                      

Assez!  à l’ordre! fermez vos grandes gueules!  Je tiens à vous aviser tout de suite que tous les perturbateurs du repos public, les fauteurs de troubles et les violateurs de lois trouveront en moi un adversaire inflexible et déterminé à employer contre eux tous les pouvoirs civils et militaires dont je suis investi et soyez certains que je ne me gênerai pas pour les utiliser à fond. (Il toise l’assistance, menaçant et de mauvaise humeur, il lance: )  Que l’enquête commence! (Il se dirige d’un pas rapide vers son bureau, s’installe et dit:)  Maître Mondelet, vous pouvez procéder.

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30 juin 2011

Parasites couronnés

Parasites couronnés 

 

Peut-on raisonnablement supporter

ces anachroniques survivants ?

Doit-on sans cesse se taper

ces castes de fainéants

s’appliquant à perdurer

travestis en vestiges déprimants,

l’enflure du cou lourdement couronnée

et marinant dans confort si gourmand ?

Comment tolérer ces antiquailles desséchées

qui avec un acharnement

de revenants effrontés

éparpillent princièrement

de manière éhontée

tout ce temps et cet argent

qui auraient pu être affectés

oh combien autrement ?

Comment cautionner ces futiles

membres inutiles 

sans sombrer dans le ridicule

de ces héritiers de la  particule ?

 

Et il en pousse ici de ces vénaux roturiers

gavés d’obèses émoluments

prompts à se coiffer de royauté

pour jouer les grands dilapidants.

Dans un pays neuf grassement

ils perpétuent un système suranné,

cette indécence de rêgnants

d’une triste et navrante absurdité.

Comment laisser ces  ruines 

siphonner toutes ces liasses

pendant qu’on nous dessine

un devenir à notre place ?

Me faudra-t-il, hélas, mourir avant

tous ces débris d’absolutisme

qui nous pompent l’air ambiant

en se suçant légitimité si factice ?

Me faudra-t-il, oh misère, trépasser

sans jouir de ce suprême plaisir

de voir enfin s’évanouir

ces périmés en mal de publicité.

 

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06 avril 2011

Je m'oublie, un peu, beaucoup, passionnément.

Je m’oublie, un peu, beaucoup, passionnément.

 

Voilà que je m’oublie tout à fait

dans la lancinance de mon histoire

et que je flirte avec les déboires

en me tressant un avenir contrefait.

 

Mêlé dans mes appartenances

insouciant aux compromis pervers

et fièrement habillé comme un ver

je me mendie une permanence.

 

Dressé pour confusions entretenues

ballotté à en perdre l’horizon

manipulé à en perdre raison

je me digère l’instant venu.

 

Assis sur des ambiguïtés bien cultivées

mal branché avec mes racines

avec mes symboles devenus rapines

ma boussole est en passe de s’égarer.

 

J’ai l’histoire endolorie

par une paresse de mémoire

négligeuse de ses grimoires

qu’elle condamne au pilori.

 

J’ai la souvenance en souffrance

la pertinence sournoisement contestée

et dans mon repli linguistique constaté

j’abandonne le gouvernail à l’insignifiance.

 

J’ai les réminiscences en vacances

sur plages d’ignorance coupable

ou dans paradis de démission palpable

à bourlinguer dans une mare de carences.

 

J’ai l’avenir sans connaissance

strangulé dans des murmures

fossilisés dans mes commissures

en liste pour l’évanescence.

 

J’ai mal à mon enseignement

qui oblitère mes luttes passées

et qui m’invite à m’enrouler

dans le linceul de mon effacement.

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10 mars 2011

L'anglais en 6e année, lapin et sapin

L'anglais en 6e année: un autre lapin sorti d'un chapeau ou un autre sapin qu'on doit se faire passer de nouveau. La langue française recule à Montréal. La Loi 101 est toujours en état de siège pendant qu'on permet à des parents de s'acheter un droit constitutionnel pour contourner une disposition pourtant déjà appuyée par les deux partis principaux de l'Assemblée nationale. Pendant ce temps, donc, où notre langue se fragilise, s'effrite et vacille sous les coups de butoir répétés dans ce contexte de culture anglo-américaine envahissante, on nous improvise une belle petite mesure qui devrait apporter un joyeux fouillis sur le plan logistique et un coup d'assommoir supplémentaire pour la langue de chez nous. Actuellement, on a déjà du mal à trouver le nombre nécessaire d'enseignants pour dispenser les cours d'anglais normalement prévus aux différents programmes. Juste cela nous montre tout le degré d'improvisation de la mesure. Nous allons assister à une véritable tragi-comédie. Et ce n'est pas parce qu'on va rire que ça va être drôle. À Montréal, la langue française se porte mal. Elle a besoin d'une bonne cure. Je crois qu'on peut même affirmer qu'on est pas très loin des soins intensifs. Cette mesure est complètement superflue dans la «province» déjà la plus bilingue du Canada. De plus, quand on voit le niveau de la qualité du français quand les élèves arrivent au secondaire, on ne peut qu'être horrifié et profondément inquiet d'une telle mesure. La Loi 101 a été une bonne loi. Il faut bien dire «a été» parce qu'elle n'est plus l'ombre d'elle-même. Elle est presque complètement édentée à l'heure actuelle et, se fier sur elle pour la défense de notre langue, c'est s'endormir dans une bien fausse sécurité. Ce n'est pas une loi en lambeaux qui va permettre à notre langue d'affirmer résolument notre différence et notre volonté de survivre comme culture en Amérique du Nord. La tendance est lourde et le redressement demandera une énergie dont nous ne sommes peut-être plus capables. Il faudra de la vigilance et de l'audace, pas des cataplasmes sur une jambe de bois. Tant que nous aurons honte de nous regarder dans le miroir en défendant notre langue, tant que nous aurons peur de nous affirmer par des mesures concrètes, tant que nos gouvernants trouveront oppressive la moindre mesure qui vise à assurer un futur décent à notre langue et tant que collectivement, nous ne serons pas nous-même plus préoccupés par l'urgence de la situation, ce mode d'expression qui fut notre marque depuis si longtemps ira de déliquescence en déliquescence. Ah oui, il nous restera toujours nos beaux tableaux intelligents, une autre belle mesure improvisée, pour qu'on nous montre de façon bien concrète, «live and in colour» que, finalement, nous aurons peut-être été quelque chose comme un «grand flop».

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09 février 2011

C'est la faute à Gilles Vigneault

C’est d’la faute à Gilles Vigneault

 

Si au temps des Patriotes

_ tout était d’la faute à Papineau

_ commode de dire à notre époque

_ que c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Quand sous le couvert à Vancouver

_ on met le français au caveau,

_ en raisonnant tout de travers

_ on dit que c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si le français recule

_ dégringole et tombe de haut

_ si notre langue bascule

_ c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si les minorités ailleurs

_ tombent en lambeaux

_ et nous aussi d’ailleurs

_ c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si la Cour de Pise

_ du haut de ses grand ergots

_ sur la question nous divise

_ ça doit être d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si l’Office de la langue

_ avec ses sédatifs propos

_ finira par laisser notre verbe exsangue

_ c’est sûrement d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si la ministre flaire de l’oppression

_ à défendre nos parlures et propos

_ et qu’elle nous offre plutôt la compromission

_ c’est encore d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si tous les scribouilleurs enrégimentés

_ et certains Anglos cultivent l’imbroglio

_ pour culpabiliser notre volonté

_ c’est probablement d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Quand le français tombera en dormance

_ et  en métropole dans un tombeau

_ parce qu’on aura tremblé devant cette engeance

_ Ça aura encore été la faute à Gilles Vigneault.

 

Si Lucien figeait devant son miroir

_ quand, tout penaud,

_ il rapprochait la charte du mouroir

_ c’était donc la faute à Gilles Vigneault.

 

 

 

Si nos gouvernements badigeonneux

_ ont la hantise du caillot

_ s’ils défendent le langage un tant soit peu

_ c’est d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Si les Québécois s’endorment

_ et laissent tomber le flambeau

_ à cause d’la désinforme

_ c’est sans doute d’la faute à Gilles Vigneault.

 

Quand nous refusons de donner des dents

_ à nos signes vitaux

_ en nous aplatissant d’accomodements

_ c’est la faute au grand Vigneault.

 

Si notre parler en état de siège

_ magasine pour un fiasco

_ et que lentement se referme le piège

_ Ça doit être la faute à Gilles Vigneault.

 

Si par démission collective

_ nous laissons sous le tonneau

_ notre langue devenir chétive

_ on pourra toujours accuser Vigneault.

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26 janvier 2011

Mal de bloc

Encore une fois, à chaque élection que la démocratie nous amène, on se questionne sur la pertinence du Bloc. Il faut déduire que beaucoup de gens trouvent ce parti bien impertinent. On peut comprendre facilement l'exaspération du reste du Canada et de ceux qui au Québec s'identifient d'abord au Canada. pour eux, le Bloc est une espèce d'empêcheur de de gouverner en rond. Du point de vue québécois, actuellement, le lien de confiance avec les libéraux est encore brisé et le lien de méfiance envers les conservateurs en train de se tisser. Que reste-t-il ?

Certains pensent que le Bloc fait tellement du bon travail à Ottawa qu'il devient un frein à la souveraineté parce qu'il incite les Québécois à s'endormir dans l'illusion qu'il ont une assurance contre tous les risques liés au fédéralisme canadien. Pour qui connaît bien l'âme québécoise et sa tendance à la procrastination, ce raisonnement est loin d'être dénué de justesse.

Par contre, se pourrait-il que cet épisode bloquiste, qui se prolonge beaucoup plus que prévu, soit comme une sorte d'incubateur de l'idée d'indépendance ? Se pourrait-il que ce soit un moment d'attentisme en même temps que de cheminement, une sorte de palier de décompression pour se donner le temps de réaliser que ce Canada nous ressemble de moins en moins et que, si tel est le cas, il doit donc nous rassembler de moins en moins ?

Une chose demeure cependant certaine. Ce «stand by» politique ne pourra pas durer infiniment et si l'on arrive à la conclusion, dans ce cheminement qui semble sans fin, que l'avenir du Québec n'est plus dans ce pays, il faudra bien vite prendre les dispositions nécessaires pour remédier à la situation. Si devant ce constat nous continuons de tergiverser, nous risquons de nous condamner au ridicule.

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25 janvier 2011

Traces

Traces

 

Du sang séché

sur une terre desséchée

un sol aride

sous un ciel torride

des coquillages évidés

dans l’eau vinaigrée

des os blanchis

dans une beauté défraîchie

des montagnes de résidus

gauchement répandus

d’immenses déserts

à saveur de cimetière

des ruisseaux de lie

crevés dans leurs lits

des cactus polaires 

et des mers à l’envers

des clameurs de haine

que le vent ramène

de triomphantes fioritures

dans une profonde déconfiture

des désastres boulimiques

sous des astres à tristes mimiques

des détritus amoncelés

sur environnement souillé

inoculant  soluté mortel

à ce monde malade de bébelles

tristes traces que voilà

l’homme est bien passé par là.

 

 

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Auto-canibalisme aigu

Auto-canibalisme aigu

 

Ne sommes-nous que des aliénés

vivant sur une planète où la publicité

veut à tout prix nous vendre

le kit inespéré pour nous pendre ?

Sommes-nous tous dans l’engrenage infernal

qui nous aiguille vers notre phase terminale?

Réclamons à tout prix du développement

jusqu’à en devenir complètement dément.

Faut à tout prix décupler une consommation

qui nous mène vers une désolante dissolution.

Combien de notre Dieu Argent

ne sert qu’à exploiter des indigents ?

Combien de nos vénérés réers

se mutent en macabres fins militaires ?

Combien de nos écus minables

sont sources de maux abominables ?

Malgré nos hauts cris de protestation

sommes partie prenante de cette machination.

Ceux qui auraient pu changer l’humanité

ne font qu’accentuer cette triste curée.

Sommes désormais tous complices

de tous ces sinistres sacs à malices.

Nous avons totalement perdu le contrôle

n’ayant plus la moindre idée de notre rôle.

Engagés sur le boulevard des faux espoirs

nous oscillons bien près de minuit le soir

et pendant qu’on s’autogrignote le coeur

il nous pousse des bras ravageurs.

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